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Published: April 1, 2010
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Franche-Comté, l’innovation au service de la santé

Depuis plusieurs années, la Franche-Comté s’est engagée à fédérer l’ensemble des énergies régionales (publiques et privées) autour d’un même objectif : être une référence mondiale en matière de production biomédicale. Aujourd’hui, la preuve est faite : l’union fait la force.

By: Michèle Cassard Augé

Forte de son savoir-faire historique dans la haute précision, au départ développé dans l’horlogerie, puis étendu au fil des ans aux industries microtechniques et à la recherche sur les nanostructures, la Franche-Comté s’est imposée naturellement dans le secteur des technologies biomédicales. Liée à sa tradition humaniste, puisque la région vit naître en 1822 Louis Pasteur, pionnier de la microbiologie, cette évolution illustre également la nécessité contemporaine de recourir, pour soigner le corps au plus près de la racine du mal, aux ressources de « l’infiniment petit ». Celles, précisément, dont la Franche-Comté s’est fait une spécialité.
 
Aujourd’hui, 250 entreprises locales participent ainsi, directement ou indirectement, à l’essor de la production biomédicale mondiale. En quête d’innovations et de performances, leurs équipes travaillent en étroite collaboration avec les nombreux professionnels de la santé, universitaires et chercheurs des laboratoires de renom qui, en Franche-Comté, se consacrent à cette cause. Les pouvoirs publics, nationaux ou territoriaux, conscients de l’importance de l’enjeu, jouent aussi leur rôle pour que cette filière d’excellence dispose du meilleur environnement possible.
 

TEMIS SANTE, la technopole dédiée aux activités médicales

Autour du Centre hospitalier régional, le Grand Besançon a conçu TEMIS Santé, un parc d’activités spécialement imaginé pour offrir des conditions exceptionnelles d’implantation aux entreprises et laboratoires des secteurs de la santé, du biomédical, des biotechnologies, de l’appareillage médico-chirurgical.
 
Les entreprises orientées vers la recherche, la production ou les services trouveront sur TEMIS Santé et ses 17 ha réservés à l’accueil des activités, toute la richesse d’un environnement multidisciplinaire et une palette de choix d’implantations bâtiments à vocation tertiaire, espaces destinés à la recherche médicale, de locaux et différentes formules en location, en acquisition ou crédit-bail.
 
A l’heure où la population issue des pays riches vieillit, l’industrie biomédicale va devoir imaginer des réponses nouvelles et novatrices en matière de soins à la personne. Grâce à l’offre complète proposée par ses chercheurs et entrepreneurs, de la conception de l’outil médical à sa fabrication, la Franche-Comté entend y prendre toute sa place.
 
Une recherche structurée autour du biomédical
L’un des atouts de la Franche-Comté, c’est l’organisation de sa recherche appliquée. La capacité de ses acteurs à travailler « en réseau » en décuple l’efficacité. Si chaque organisme, public ou privé, est légitimement fier de son propre savoir-faire et attaché à son identité, tous sont aussi convaincus que « l’union fait la force » et de la nécessité d’additionner leurs compétences.
 
Lieux privilégié de l’innovation, l’Institut FEMTO-ST à Besançon fait ainsi référence dans l’ingénierie médicale et biomédicale. Associé à la fois au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et aux établissements d’enseignement supérieur locaux (Université de Franche-Comté, Université Technologique de Belfort-Montbéliard, Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et des Microtechniques), la composition pluridisciplinaire de ses équipes lui permet d’apporter des réponses complètes, dans un secteur qui réclame de plus en plus de solutions « transversales ».
Ainsi son axe de recherche « Sciences et technologies pour le vivant » coordonne-t-il les travaux des départements de l’Institut, en lien avec les centres hospitaliers de Besançon et de Belfort-Montbéliard, l’Etablissement français du sang ou les antennes du CNRS, pour mieux développer des dispositifs innovants au service de la santé. On citera en particulier l’ingénierie et la manipulation d’objets biologiques pour la fécondation in vitro, le génie génétique ou l’implantologie thérapeutique de structures biodégradables à libération contrôlée.
 
Les talents de FEMTO-ST s’expriment également en matière d’imagerie pour le vivant, notamment avec la microscopie à force atomique ou l’imagerie à sonde locale en milieu biologique. Les chercheurs développent des programmes sur la qualification biologique, avec les réseaux microfluidiques, l’électronique de codage, les systèmes sur puces. Dans le domaine de l’instrumentation biomédicale, les départements de FEMTO-ST travaillent sur les instruments et robots non-invasifs pour la chirurgie et la surveillance in vivo, le stimulateur embarqué de côlon artificiel, l’endoscopie digestive. Bien sûr, il ne s’agit-là que d’exemples, tant la liste des activités de l’Institut se révèle riche.
 
A Besançon, le Centre hospitalier universitaire, partenaire de FEMTO-ST, accueille pour sa part un centre de diagnostic du vieillissement de la peau unique en France. Sa réputation est telle que des patients d’autres régions n’hésitent pas à venir y consulter, certains des équipements utilisés pour ces bilans par l’équipe de dermatologie franc-comtoise – dont un ingénieur de recherche - relevant du prototype.
 
Mais c’est d’abord à ses compétences dans les transplantations et les greffes, la genèse et le traitement des cancers ou la médecine cardio-vasculaire que le CHU de Besançon doit sa notoriété. Son centre d’investigation clinique (CIC) labellisé par le ministère de la Santé et l’INSERM pour ses activités de recherche en biothérapie favorise en particulier la translation de la recherche fondamentale à la pratique clinique.
 
L’Etablissement français du sang (EFS), première banque nationale de sang placentaire et de cornées, constitue le troisième des acteurs qui permettent l’essor du biomédical en région. L’EFS et le CHU, pour développer de nouvelles techniques en hématologie ou immunologie, s’appuient enfin sur l’Institut fédératif de recherche « ingénierie et biologie cellulaire ». Chargé de fédérer les unités de recherche de l’Université de Franche-Comté et de l’INSERM, ce dernier participe ainsi à la réussite du dispositif.
 

Inside everything: le pôle des microtechniques

Chiffres clés:

  • 406 entreprises identifiées microtechniques, dont 47 appartiennent à un groupe et 399 sont PME
  • 12 000 salariés
  • 680 chercheurs
  • 111 adhérents dont 77 entreprises
 
Pôle des microtechniques : l’innovation pour faire avancer la vie
Labellisé par le gouvernement dans le cadre d’une politique nationale de développement de l’économie, de la recherche et de la compétitivité, le Pôle des microtechniques participe à l’effort d’innovation de toute la filière en confortant les activités industrielles à forte valeur technologique. En 3 ans d’existence, le Pôle a labellisé 97 projets de développement innovant dont plus du tiers concernent le secteur biomédical. Exemples choisis.
  • HOBBIT—implants hybrides résorbables. A l’intention des professionnels de l’orthopédie, le projet HOBBIT entend répondre à la demande croissante d'implants non métalliques, s’éliminant d’eux-mêmes une fois leur « mission » accomplie. Ses atouts : limiter les risques de complications et d’infections et éviter le recours à la chirurgie, jusqu’alors indispensable à la récupération des implants non résorbables.
  • MIOTheris —traitement des tumeurs. Ce dispositif, présenté en septembre 2009 par la société CERMA, permet de perfuser ou d’injecter de façon mieux contrôlée une solution médicamenteuse ou des micropulses de vapeur surchauffée dans la zone lésée ou en dysfonctionnement, principalement les tumeurs solides et/ou leurs métastases délimitées.
  • MIRE—microscopie et cancérologie. La microscopie référencée en position, comme son nom le suggère, garde en mémoire les positions des cellules observées pour les retrouver rapidement lors de l’utilisation suivante. Ce qui permet au chercheur de constater sans perte de temps les évènements survenus dans l’intervalle notamment lorsque la lamelle a été placée dans un incubateur. Grâce au couplage entre le microscope et son logiciel, l’application sera précieuse pour l’étude de la mort cellulaire en cancérologie.
  • GLASSBOX—mesure de la cicatrisation. Lorsqu’un derme a été reconstruit à base de fibroblastes, il est utile de bien mesurer les forces en œuvre au sein des tissus traités pour un meilleur suivi du rapprochement des berges des plaies, c’est-à-dire de la cicatrisation. La société Bioexigence, qui a conçu un premier système à cette fin, travaille actuellement avec GLASSBOX à la conception d’un second, plus fiable.
  • MAILPAN—mieux soigner le diabète. Quel que soit le protocole retenu, le traitement du diabète présente deux inconvénients : la prescription au patient d’immunosuppresseurs pour le reste de sa vie et/ou le manque de donneurs compatibles. Le projet Mailpan (macroencapsulation d’îlots pancréatiques), co-labellisé avec le pôle Alsace Biovalley, vise à une alternative : mettre en capsules des cellules productrices d’insuline, en utilisant une membrane capable à la fois d’assurer des conditions de diffusion optimales du produit et de constituer une barrière efficace pour empêcher le passage des anticorps.
  • MEDICALIP—éviter l’infection du nouveau-né. Les expressions cliniques tardives de l’infection du nouveau-né par le cytomegalovirus peut entraîner de graves conséquences neurosensorielles. Le projet MEDICALP, qui va donner lieu au dépôt de deux brevets, en permettra un diagnostic rapide et aisé. Après réalisation d’un prototype, des tests cliniques seront lancés en 2010 auprès de 1 500 bébés. A leur issue, un fabricant devrait être sollicité.
  • ROBIK—du cerveau à l’ordinateur. Le projet propose, dans le cadre d’un développement expérimental de 36 mois, de créer un système BCI (brain computer interface) permettant aux personnes ne disposant plus de la parole et à la gestuelle très limitée de communiquer par l’intermédiaire d’un clavier virtuel d’ordinateur simple à utiliser et robuste. 

La recherche en Franche-Comté

  • 5e rang français pour les efforts en matière de recherche
  • 2.1% du PIB de la région investis dans la R&D
  • 5 840 personnes travaillent pour la recherche publique et privée
  • 41 unités de recherche – 2757 chercheurs

Talents et compétences industrielles

En Franche-Comté et plus spécialement autour de Besançon, un réseau d’entreprises se développe sur le marché de l’instrumentation, de l’imagerie et du cellulaire. Des fleurons tels que SOPHYSA (valves neurologiques), STATICE SANTE (instrumentation et implants), DIXI MICROTECHNIQUE (électrodes pour la neurochirurgie) ou MICROMEGA (instrumentation dentaire) se positionnent sur les marchés internationaux. De plus jeunes sociétés innovantes montent en puissance…
  • V-THERM—la thermorégulation pour traiter la sclérose en plaque. Expérimenté avec succès lors des Jeux Olympiques à Pékin, le t-shirt thermorégulateur V-Therm mis au point par Alain Groslambert intéresse le secteur médical. Ce vêtement, équipé d’accumulateurs thermiques régulant la température du corps pendant une durée variable, pourraitt aider au traitement de certaines maladies, dont la sclérose en plaque. Le CHU de Besançon mène actuellement une étude clinique pour en tester l’efficacité.
  • COVALIA—développer l’échographie à distance. L’Union européenne, convaincue de l’importance du service d’assistance à l’échographie à distance de Covalia Interactive, a financé à hauteur de 850 000 € son développement dans el cadre du programme Intterreg. Le système Covotem TM illustre les avantages du télédiagnostic. « Son utilisation a rendu la discussion aussi facile que si nous étions tous ensemble dans la même pièce autour d’images affichées sur un négatoscope », a jugé le Pr Benoît de Billy, chirurgien orthopédiste en pédiatrie au CHU.

Success stories, de la recherche à l’entreprise :

  • SKINEXIGENCE—l’image numérique et la cosmétologie. Skinexigence recourt depuis sa création en 2006 à des méthodologies biométrologiques innovantes pour évaluer les produits dermato-cosmétiques. Son savoir-faire en matière d’analyse et de traitement de l’image numérique et son offre allant de la rédaction du protocole a la réalisation de l’étude ont séduit des marques de prestige dont L’Oréal et Merck.
  • IMACISIO—anticiper les maladies dégénératives. Imacisio, émanation en 2007 des travaux du laboratoire Intervention, imagerie, ingénierie et innovation en santé de l’Université de Franche-Comté, a développé un système de détection qui améliore les capacités du tomographe à émission de positrons. Grâce à l’imagerie cérébrale, ce dispositif pourrait permettre dans l’avenir de déceler les risques de maladies dégénératives avant même les premiers symptômes.
 
TEMIS, là où l’innovation avance
Pour favoriser encore davantage les compétences et encourager la dynamique de recherche, « nous sommes en train de créer le plus grand laboratoire de recherche publique de la région spécialisé dans les microtechniques et nanotechnologies » explique Jean-Louis Fousseret, Président de la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon et Président de TEMIS. En effet, TEMIS SCIENCES dont les travaux démarrent va regrouper dans un centre de 5 300 m2 entièrement dédié à l’innovation microtechnique, les 500 chercheurs qui travaillent actuellement dans les départements de l’Institut FEMTO-ST.
 
Sous maîtrise d'ouvrage de la Région Franche-Comté, ce projet de bâtiment de 34 millions d'euros est cofinancé par l'Europe, l'Etat, la région, le département du Doubs et l'agglomération de Besançon. Ouverture en 2013 au coeur de la technopole TEMIS.
  

Améliorer la technologie des implants

Assurer la bio-compatibilité et la bio-activité des dispositifs implantées, c’est la mission du Laboratoire d’études et de recherches sur les matériaux, les procédés et les surfaces. Sous-traitant au service du secteur biomédical, le LERMPS mène des travaux de longue date sur le développement des revêtements d’hydroxyapatite sur les implants osseux, dans le cadre d’un programme international, en lien avec l’Université de Singapour et des partenaires privés. Autres priorités actuelles du laboratoire : l’activation de surface pour des implants occulaires et le développement d’un cœur artificiel.

 


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