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Published: April 1, 2011
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L’alternance Besançon-Lyon : l’ouverture à de nouvelles opportunités

 En se dotant d’une double implantation géographique (Besançon les années impaires, Lyon les années paires), MEDTEC France élargit sa zone d’influence et renforce son attractivité. Objectif : accroitre les opportunités de contacts qualifiés aussi bien pour les exposants que pour les visiteurs.

By: Jean-Luc Clouard

«Lorsque nous avons pris la décision de créer puis de développer en France un salon spécialisé sur les dispositifs médicaux, nous avons longuement réfléchi sur les différentes localisations géographiques possibles », rappelle Fabienne Valambras, commissaire générale de MEDTEC France. « Il est rapidement apparu que trois implantations pouvaient légitimement être envisagées : l’Ile-de-France, la région Rhône-Alpes, la Franche-Comté. C’est à l’issue d’entretiens approfondis aussi bien avec des responsables d’entreprises-cibles qu’avec les représentants d’institutions locales et régionales susceptibles de s’impliquer dans l’animation d’un nouveau salon professionnel que nous avions finalement retenu la Franche-Comté. Cela ne signifiait pas pour autant que les autres régions ne disposaient d’aucunes capacités attractives ».

Et Fabienne Valambras de détailler le raisonnement qu’avait alors suivi l’organisateur. La construction jacobiniste de la France restant ce qu’elle est, malgré les considérables avancées de la régionalisation accomplies ces dernières années, l’Ile-de-France figure encore aujourd’hui en bonne place dans la plupart des projets d’implantation qui émergent dans l’Hexagone. Les sièges sociaux de nombreuses entreprises impliquées dans les dispositifs médicaux ou susceptibles de l’être, y sont installés. L’accès international y est facile et les transports – sauf en cas de mouvements sociaux toujours possibles - parfaitement efficaces. Mais handicaps de l’implantation éventuelle de MEDTEC France en Ile-de-France : la présence des sièges sociaux des entreprises potentiellement « exposants » ne signifiait pas nécessairement que ceux des entreprises potentiellement « visiteurs » y étaient également installés. Deuxièmement, l’éloignement de la Suisse risquait de rendre plus difficile l’implication helvète dans MEDTEC France, aussi bien en terme d’exposants qu’en terme de visitorat. Restaient Rhône-Alpes et Franche-Comté. Avec autant d’atouts l’un que l’autre. Et des atouts plutôt complémentaires. D’un côté, un fort tissu industriel, historiquement tourné vers la santé, de l’autre les micro-technologies.
 
A Besançon, les années impaires 
« Les deux premières éditions de MEDTEC France ont été satisfaisantes à tous points de vue », se réjouit Fabienne Valambras. « 227 entreprises exposantes et 2.900 visiteurs en 2009 ; 264 entreprises et 3.100 visiteurs en 2010 – avec, rappelez-vous, deux difficultés inattendues : l’éruption volcanique du glacier islandais Eyjafjallajö kull le 20 mars qui avait profondément perturbé les transports aériens dans le monde entier pendant plusieurs semaines et les mouvements sociaux à la SNCF. L’édition 2011 (13 et 14 avril) accueillera presque 300 entreprises exposantes – une quarantaine de plus que l’an passé – et quelque 10% de visiteurs en plus, c’est du moins l’objectif que nous nous sommes fixés ».
 
Assurément, MEDTEC France est devenu en 3 ans, un rendez-vous professionnel reconnu en matière de dispositifs médicaux. Mais il en est de même en matière de salons professionnels qu’en matière d’innovations technologiques ou qu’en développements industriels, il est essentiel de se projeter dans l’avenir. Les organisateurs se doivent de faire évoluer les salons qu’ils développent pour présenter à la fois une palette d’exposants répondant de mieux en mieux aux besoins des visiteurs et, en même temps, garantir aux exposants le plus grand nombre possible de visiteurs qualifiés. Sans oublier que côté exposants, les budgets ne sont pas exponentiels et que les dirigeants exigent de plus en plus de visibilité sur les investissements marketing et communication effectués. Et que côté visiteurs, la recherche d’efficacité optimale dans les déplacements prospectifs est systématique.
 
A partir de 2012, MEDTEC France se déroulera à Lyon (Eurexpo) les années paires.
« Beaucoup de décisionnaires étant installés en Rhône-Alpes, nous avons décidé d’alterner. MEDTEC France se déroulera à Besançon les années impaires et à Lyon (Eurexpo) les années paires. Cette nouvelle bipolarisation générera davantage d’opportunités de contacts pour les entreprises exposantes et attirera de nouveaux visiteurs », analyse Fabienne Valambras, « car notre souci est à la fois de rester au plus proche des décisionnaires qui ont de moins en moins de budget pour se déplacer et d’encourager les entreprises sous-traitantes à explorer de nouvelles pistes d’opportunités possibles ». Le concept et le positionnement fédérateur et prospectif de MEDTEC France resteront les mêmes. On y retrouvera les mêmes valeurs, le même état d’esprit et la même logique francophone : celles qui lui ont permis de construire une plate-forme de rencontres et d’échanges privilégiés des acteurs de l’industrie médicale, soutenue par un programme de conférences portant sur les enjeux spécifiques de la filière de fabrication de matériel médical. A l’instar des manifestations qui ont choisi une double implantation géographique—dans l’industrie (Stuttgart, Cologne), dans l’industrie du meuble (Berlin, Cologne) ou pour la France, dans les services funéraires (Paris, Lyon) ou dans le cycle (Paris, Lyon)—l’attractivité et la dynamique s’en trouveront renforcées.
 
Innovations
Il est vrai que les arguments en faveur de la région Rhône-Alpes ne manquent pas. Dans le cadre du “Contrat de projets État-Région 2007-2013” et du “Programme européen compétitivité régionale et emploi 2007-2013”, l’innovation y fait l’objet d’un vrai consensus : 43 projets présentés et 6,89 millions d’euros déjà investis dans des entreprises innovantes. Créée en 2008, l’Agence régionale du développement et de l’innovation (ARDI) a pour mission principale « de contribuer au développement économique durable des entreprises de la région Rhône-Alpes par l’innovation ». De quelle manière intervient-elle ? Elle soutient un cœur de cible de quelque 3.000 entreprises engagées dans un schéma de développement économique par l’innovation, parmi lesquelles 200 grands groupes présents en Rhône-Alpes ; 2.500 PME, inscrites dans un processus d’innovation ainsi que 300 jeunes entreprises innovantes.
 
Rhône-Alpes
« La région Rhône-Alpes possède deux atouts majeurs qui lui ont permis de développer un savoir-faire unique dans le domaine des technologies de la santé », détaille Gérald Comtet, chargé de mission à l’ARDI et animateur du cluster santé « i-Care », qui assure la conception et le suivi d’actions déployées au bénéfice des entreprises de la filière (www.i-carecluster.org). Au passage, Gérald Comtet ne manque d’ailleurs pas de se féliciter de l’obtention par le cluster, au début de l’année, du label « grappes d’entreprises » lancé par la DATAR pour soutenir des initiatives exemplaires sur le territoire national. « La région Rhône-Alpes est le berceau historique des sciences du vivant grâce au dynamisme de grands précurseurs qui, dès les premières découvertes pasteuriennes, ont établi des passerelles entre médecine vétérinaire et médecine humaine, entre milieu hospitalier et milieu industriel ». Résultat : la région compte aujourd’hui près de 400 établissements de soins publics et privés, dont trois CHU et le cluster I-Care fédère plus de 300 entreprises privées, avec un « arc Lyon-Saint Etienne », schématiquement riche en acteurs des dispositifs médicaux et en partenaires financiers et un « arc alpin » regroupant les acteurs de l’électronique, des nouvelles technologies de l’information, de la recherche et des services liés à l’innovation technologique. « On peut estimer à quelque 250, le nombre d’entreprises de la région Rhône-Alpes qui interviennent spécifiquement dans la production de dispositifs médicaux », poursuit Gérald Comtet.
 
Complémentarités
En seulement quelques mois d’existence, le cluster a multiplié les initiatives. En partenariat avec les autres pôles de compétitivité rhônalpins, il a organisé le premier appel à projets régional sur les dispositifs médicaux et les matériaux. Objectif : inciter des PME-PMI régionales du secteur des technologies de la santé à proposer des projets d’innovation susceptibles de trouver des solutions de soutien dans les dispositifs rhône-alpins. Résultats : plus d’une douzaine de projets innovants régionaux sélectionnés. Le cluster I-Care a également initié une action collective pour accompagner les entreprises dans le processus de certification des logiciels médicaux plus généralement santé. Début avril, il a soutenu la mise sur pied d’un colloque organisé par les avocats du Barreau de Lyon consacré aux produits de santé. Sans omettre de signaler qu’en partenariat avec le pôle des technologies médicales, le cluster a proposé d’accompagner des entreprises de la sous-traitance des technologies de santé de Rhône-Alpes au MEDTEC France à Besançon. En réalité, la complémentarité Rhône-Alpes Franche-Comté est déjà à l’œuvre.
 
« Du fait de cette alternance géographique, les échanges industriels entre les deux régions vont être dynamisés », reprend Fabienne Valambras. « Des visiteurs qui ne venaient pas à Besançon viendront à Lyon et réciproquement. Les entreprises franc-comtoises trouveront l’opportunité de présenter leur savoir-faire hors de la région et les entreprises rhône-alpines viendront trouver de nouveaux partenaires. Les expertises de chacune des deux régions y seront présentés d’une manière complémentaire ». « Je suis convaincue que c’est une décision majeure pour les entreprises qui travaillent les dispositifs médicaux », conclut-elle. « MEDTEC France sera plus fort et plus attractif ». 
 

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