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La Franche-Comté élargit sa zone d’influence


Posted by Anonymous on April 8, 2010

Avec en ligne de mire, la création en 2013, de Temis Sciences, vaste laboratoire de recherche publique, la Franche-Comté veut renforcer son image de pôle microtechnique tourné vers les dispositifs médicaux et élargir sa zone d’influence aux régions voisines


« Nous terminons l’année 2009 sur une croissance de 8% de notre chiffre d’affaires », commente Serge Piranda, PDG de Statice Santé, également président de la Commission médicale du Pôle des microtechniques, sorte de « club d’influence » franc-comtois qui rassemble entreprises, centres de recherche et organismes impliqués dans les micro-technologies. « Cela signifie que nous avons été sollicités plus que les années précédentes par des entreprises qui souhaitent diversifier leurs activités en direction des dispositifs médicaux ». Au total, une vingtaine de nouveaux projets initiés au cours de l’année !

 
A lui seul, ce commentaire formulé par le dirigeant d’une entreprise qui joue un rôle majeur dans le conseil et l’accompagnement des industriels soucieux d’ouvrir leurs capacités de production aux dispositifs médicaux, pourrait résumer l’état d’esprit qui règne aujourd’hui en Franche-Comté en matière de diversification industrielle. « Les pouvoirs publics – Etat, région, départements, collectivités locales – ont pris conscience de l’indispensable ouverture des entreprises de la région à la production industrielle en direction des dispositifs médicaux », reprend-il. « Ils ont compris que les entreprises ne pouvaient plus dépendre aussi étroitement des secteurs de l’automobile aujourd’hui en difficulté et de l’aéronautique. Plus qu’ils ne l’ont jamais fait, ils soutiennent les initiatives qui favorisent l’ouverture du tissu industriel historique à des secteurs dynamiques ».
 
En clair, cela signifie que, depuis plusieurs années, les pouvoirs publics ont adopté une véritable politique incitative pour encourager les entreprises locales à se tourner vers les dispositifs médicaux. Le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a, par exemple, accordé un agrément à Statice Santé pour les années 2008, 2009 et 2010 pouvant ouvrir droit au Crédit d’impôt en faveur de la recherche, aux entreprises lui confiant des prestations pour la réalisation d’opérations de recherche et de développement. Dernier « phare » de cet engagement significatif des pouvoirs publics, la construction programmée de ce que la présidente du Conseil régional, Marie-Guite Dufay, présentait, au début de l’année comme « le plus grand laboratoire de recherche publique de Franche-Comté spécialisé dans les microtechniques et nano-
techniques » qui rassemblera en un même lieu « toutes les forces de recherche liées à notre grand-savoir-faire ». La mise en service de Temis Sciences – c’est le nom de ce centre - à Besançon qui permettra le regroupement de tous les laboratoires de l’Institut de recherche FEMTO-ST, est programmée pour 2013. (Pour en savoir plus, lire l’article « Franche-Comté, l’innovation au service de la santé » dans ce numéro.)
 
« Il y a eu certainement moins de dépenses de soins de confort (anneaux gastriques, prothèses dentaires, chirurgie esthétique…) ces derniers mois », reconnait Serge Piranda, « mais nous avons été sollicités par des industriels plein d’idées, qui sont convaincus que leur savoir-faire technologique doit, non seulement s’ouvrir à de nouveaux segments de marché mais qu’ils peuvent aussi jouer un rôle d’apporteur d’idées ».
 
En quelques mois, l’intérêt des entreprises locales vers les dispositifs médicaux s’est réellement renforcé. « Nous avons fait d’importants investissements commerciaux – présence dans les salons spécialisés et publicité dans les magazines spécialisés - pour promouvoir nos possibilités dans le domaine de la miniaturisation », indique Nicolas Tirole, directeur technique de ISA France SAS (Villers le lac). « Notre capacité de production et savoir-faire portent essentiellement sur la petite pièce très précise réalisée par découpage et micro-injection. Nous pouvons prendre en charge le développement de sous-ensembles et les assembler ». L’engagement d’Isa France dans cette direction est symptomatique de l’engagement d’autres entreprises de la région. Ce n’est pas pour rien que Nicolas Tirole se félicite de « l’envie des instances dirigeantes de fédérer les PME autour d’un pôle médical », action d’autant plus légitime que, lui aussi, voit que « quasiment toutes les compétences sont réunies dans une même région ».
 
Véritable outil de diffusion des initiatives développées dans ce secteur, le site www.franche-comte-medical-devices.com recense l’actualité et collecte les commandes qui viennent de l’extérieur pour apporter des réponses collectives. « Nous renforçons le travail en réseau », reprend Serge Piranda, « et nous élargissons notre zone d’influence vers Lyon, Grenoble, l’Allemagne du Sud, la Suisse afin de multiplier les interactions entre les pôles de compétitivités ». Autrement dit, pour se construire une place plus forte sur le marché international et pour valoriser les réponses industrielles qu’elle peut apporter, la Franche-Comté sollicite les entreprises des régions voisines, avec la volonté de les intégrer au sein du pôle de compétence. En Suisse, des sociétés comme Pierval (vis médicales en titane, marquage laser, emballages finaux en salle blanche), Cicorel (high density interconnect), Cicor Technologies (PCB, micro-électronique…), Precipart (pièces tournées, moulage par injection de métal...) sont aux portes du pôle franc-comtois. C’est le cœur d’un sous-ensemble régional qui commence à battre.
 
 

 



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