Des enjeux médico-économiques majeurs, des besoins considérables en dispositifs médicaux
« La télémédecine peut être un bras de levier puissant pour conduire la restructuration de l’organisation des soins voulue par le législateur dans la loi HPST », écrivent Pierre Simon et Dominique Acker, conseillers généraux des établissements de santé, dans l’introduction du rapport sur « la place de la télémédecine dans l’organisation des soins », qu’ils ont publié au mois de novembre 2008 sous l’égide du Ministère de la santé et des sports. Le maintien de structures d’urgences dans les établissements de proximité « nécessite d’assurer à ces établissements des téléconsultations spécialisées », poursuivent-ils. Pour certaines urgences cardiovasculaires (AVC, IDM) ou métaboliques (IRC, diabète), l’enjeu est « évident ». Il en va de même pour la télé radiologie ou la télé imagerie dans les établissements de proximité. Dans la plupart des pays, la télémédecine est d’ailleurs considérée comme « une valeur ajoutée en matière de qualité et de sécurité dans l’organisation des soins, notamment lorsqu’elle favorise les soins au domicile des patients », indiquent-ils encore.
Engagé depuis une dizaine d’années, la réflexion sur le développement de la télémédecine a trouvé, avec ce rapport, une nouvelle impulsion. « La télémédecine est un thème phare pour la communauté médicale en Europe, et la volonté française n’est pas en reste. La reconnaissance de la télémédecine au sein de la loi HPST en témoigne », commente, pour sa part, Jean-Bernard Schroeder, directeur TICS & Equipements du Syndicat national de l’industrie des technologies médicales (SNITEM).
D’ores et déjà, plusieurs entreprises se sont développées sur ce nouveau territoire. « Covalia a décidé de répondre à ces besoins émergents en proposant un ensemble de solutions rendant des activités telles que le télédiagnostic ou la téléexpertise plus accessibles et plus efficaces », explique ainsi Eric Garcia, le PDG de l’entreprise. « La généralisation des pratiques de télémédecine va avoir un impact direct sur les budgets opérationnels des établissements de santé et plus globalement, un impact non négligeable sur l’environnement en permettant de limiter les déplacements des collaborateurs, et de contribuer à la réduction des émissions de CO2 et de la consommation d’énergie », poursuit-il. Exemple concret de solutions mises au point par Covalia ? Le développement d’une plateforme logicielle simple d’utilisation (Covotem) qui a été intégrée au portail web du département de neurologie du CHU de Besançon et qui permet aux praticiens de faire appel à de la téléassistance pour un diagnostic en urgence ou à de la télé expertise dans certains cas. Quand on sait que les pathologies vasculaires cérébrales représentent la première cause de handicap physique et intellectuel, et la troisième cause de mortalité dans les pays occidentaux (80.000 décès par an), on comprend que la rapidité et la précision du diagnostic lors d’un accident cardiovasculaire revêtent un enjeu majeur en termes de santé publique. Le Dr. Oleg Blagosklonov (CHU de Besançon) et modérateur du colloque « Enjeux de la télémédecine en Europe et en Russie » organisé le 22 avril dans le cadre du forum « Innovations » du MEDTEC n’hésite pas à dire qu’aujourd’hui, « n’importe quel fabricant développant des dispositifs médicaux, devrait aussi songer à leurs usages en télémédecine ».